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Trip to NYC.

On fait un petit come back aujourd’hui. Je devais sérieusement être en jet-lag quand je suis arrivée, ou plutôt, je n’avais pas encore commencé ce blog en partant, et les quelques jours de jet-lag m’ont mise un peu en retard dans le sujet de mes posts, et puis je me disais aussi que ce n’était pas trop le sujet, mais avec le recul je pense que ça peut vous amuser, l’histoire de mon trajet pour NY… Voici donc une partie de l’email que j’ai envoyé à mes parents quand je suis arrivée. (Attention, pour ceux qui n’aiment pas lire: c’est du grand blabla. Et aucune photo. Je vous aurais prévenus).

Souvenez-vous que je suis partie en plein dans les chutes de neige paralysantes, en début de vacances de Noël, en plein blizzard, Heathrow fermé, toute la France bloquée par cinq jours de neige, etc…

Mon vol avait neuf heures de retard. Plus une heure passée dans l’avion, sur le tarmac, à attendre de pouvoir décoller.

voici l’email:

Hello there!

Voilà des news en bonne et due forme…

Alors, cadre spacio-temporel: il est 7h30 du mat’, je suis tombée du lit ce matin à 4h d’abord, mais là je me suis dit que j’exagérais, alors je me suis rendormie jusqu’à 6h30. Il faut dire que j’ai lutté toute l’aprem hier pour ne pas tomber endormie dans la rue, alors à 21h j’étais déjà bien loin dans les bras de Morphée… Un peu de jet-lag donc, mais c’est pas très étonnant vu le périple accompli en deux jours.

Le RER, c’était l’horreur. L’aéroport, c’était l’horreur. Transporter 36kg (vraiment, je n’invente pas, j’ai pesé) de bagage dans tout ça c’était l’enfer. Se faire engueuler par tout ce qui n’était pas content en sus (c’est-à-dire à peu près n’importe qui là dedans) c’était… Bon bref. Par contre, tout ce qui était agent d’aéroport, hôtesse au sol, etc, étaient super sympas et heureusement vue l’ambiance. J’ai vu des files d’attente pour prendre des escalators. J’ai vu des gens se faire piétiner par d’autres dans ces files pour l ‘escalator. J’ai vu des files de plus de deux cents personnes dans les couloirs de Charles de Gaulle. J’ai rencontré quelqu’un qui attendait son avion depuis trois jours. J’ai vu une fille s’intercaler entre son père et son fiancé pour ne pas qu’ils se tapent dessus. C’est dire si l’ambiance était bonne. J’ai attendu neuf heures dans cet aéroport où tu peux compter les chaises. Et puis j’ai fini par embarquer.

J’ai adoré l’équipage d’Air Canada. Ils ne se prennent vraiment pas au sérieux, ont l’air d’une bande de potes qui part avec toi en vacances, et discutent de tout et de rien, accessoirement du fait qu’il faut laisser tout le monde atterrir en attendant sagement mais « on sait pas pourquoi » je cite le chef de bord, très soucieux de nous tenir au courant du fait qu’il ne savait pas quoi nous dire pour nous tenir au courant…

A coté de moi un géant canadien est venu profiter du dernier siège de libre (l’avion était bondé, principalement de Québécois, les New Yorkais, habitués, prenant des directs -ce que je comprends maintenant !!- de retour au pays pour les vacances). Celui-là partait avec ses deux kids de 20 ans passer une semaine chez Maman pour fêter Christmas en famille au fond des bois québécois. On a bien papoté de son pays, et il m’a vraiment donné envie d’y aller, le cliché ma-cabane-au-fond-des-bois-au-bord-du-lac s’avérant une pure réalité. Chacun de nous avait un petit écran de visionnage devant soi pour regarder un film, la télé, écouter de la musique ou suivre l’avion dans son trajet. On a donc vu la carte du Quebec lorsqu’on le survolait et je n’aurais jamais imaginé que leur terre soit grignotée à ce point là par l’eau. C’est vraiment comme s’il y avait un lac dans chaque jardin. Ce monsieur me disait en plus que 90% des canadiens habitent à la frontière avec les USA, ce qui leur laisse effectivement la place pour les cabanes forestières. Et les prix défient toute concurrence: $150 000 et tu as ton rêve de grande maison tout confort sans voisin au bord d’un lac… Ça fait réfléchir, non? Lui en tout cas a bien réfléchi avant d’acheter sa maison de vacances à… La Teste!! Il est parisien depuis trente ans, dans l’audit, et divorcé d’une française, donc il a préféré rester en France pour voir ses enfants… Mais enfin, il est quand même pur jus québécois avec toutes ses expressions, heureux peuple pour qui les serveuses ou les hôtesses sont encore des « servantes »!!

Il était 21h30 heure locale lorsqu’on a atterri à Montréal, quelque chose comme 4h du mat chez vous. J’avais dû dormir quatre heures dans l’avion. J’ai eu un bon pour l’hôtel, puisque j’avais raté ma correspondance et qu’il n’y a pas de vol Montréal-New York après 20h30, récupéré ma tonne de bagage, et cherché par où c’était donc qu’il fallait que j’aille pour trouver cette chariotte pour l’hôtel, tabernacle??! Et puis, le temps de prendre le bus… Le temps d’obtenir la chambre… Le temps d’envoyer des mails, de prendre une douche… Minuit quand je me suis glissée dans mon lit king size tout moelleux, avec des gros oreillers…

Pour me lever à 5h du mat’ pour partir à 6h, pour être à l’aéroport à 6h30, pour passer la sécurité à 7h, pour passer la douane à… oh my God cette file d’attente!! pour passer la douane, ben, à 7H45, c’est à dire juste quand je devais embarquer… Heureusement, des agents checkent l’heure de ton vol et te font passer avant les autres si jamais tu es en retard (au Québec, je précise. Il ne le font pas partout. Ils sont sympas, au Québec). Sinon, à toi la file Disneyland, où tu avances de trois mètres, tu t’arrêtes, tu poses ton gros sac qui roule pas (parce que t’es pas habituée à ça, petite provinciale parisienne, mais maintenant tu sais que tu vas courir t’acheter le kit de la parfaite voyageuse avertie: des bagages solides, légers, et à ROULETTES!!!), tu poses l’autre gros sac qui te démolit l’épaule, tu vois que ça bouge, tu reprends tes sacs, tu avances de trois mètres, tu les poses, tu vois que ça bouge, tu reprends tes sacs, tu as les mains moites parce que bon, les agents là-bas ont pas l’air commode avec leurs crânes rasés, leur gueule d’enterrement à l’oeil soupçonneux. Et puis tu vois bien qu’ils en envoient certains de l’autre coté d’un mur d’où on entend s’élever des cris de détresse (j’exagère pour les cris de détresse, je sais, mais c’est presque ça…) et qui reviennent, goguenards, raconter à Collègue, comment ils sont trop bêtes ceux-là qui voulaient annexer les USA avec leur catapulte (cf les objets interdits en bagage cabine)(je vous jure que la catapulte fait partie des objets interdits), qu’ils les ont bien pris pour des cons hein, on la leur fait pas à eux ahahah, rire gras, qu’est ce qu’on s’marre… (En l’occurrence un des deux agents allait être mon agent. Celui qui se marrait. Moi pas du tout).

Donc, tu as les mains moites, qui en peuvent plus de tenir tes sacs,  tu prends tes sacs, tu avances de trois mètres, tes épaules gémissent, ton dos veut retourner dormir dans le king size et ta tête te dit, dis donc, ça fait un moment que t’as pas respiré là, faudrait y penser, il vont pas te bouffer tout crû à la douane… Ah non?

Ben, non, effectivement. Juste, qui vous êtes, pourquoi, comment, d’où, pour où, et pourquoi vous êtes à Montréal, là? Ah ben ça j’aimerais bien ne pas y être croyez moi, ah bon, pourquoi ça vous plaît pas mon pays? Et slip ou caleçon? Fraise ou chocolat ? Et enlevez vot’chapeau, et donnez-moi vos doigts que je les coupe pour avoir vos empreintes toutes fraîches…

Enfin, j’ai eu mon tampon, où y’a bien écrit que je repars le 20 mars, et t’amuses pas à rester petite, et keep going, you are free… Ouf!

Faut dire que juste avant cet épisode, à la sécurité donc, où tu fais la queue aussi, (on passe sa vie à faire la queue dans les aéroports), où y’a marqué PARTOUT que t’a pas droit à des liquides de plus de 100ml, que tout le reste, liquides, crèmes, pâtes diverses et variées doivent être placés dans des petits sacs qu’ils te distribuent dans la file… ce que je me suis appliquée à faire, sachet que j’ai placé, avec chaussures, manteau chapeau montre ordi sacs dans des paniers pour qu’ils leur regardent le fond de l’âme, jusqu’à ce que… Ma’am, is this your bag? Can you follow me please? Is there anything dangerous, fragile or blablabla? Euh, normally no… Et là il me sort mon paquet de médoc duquel j’avais oublié d’enlever mon sirop et deux crèmes, et lui de farfouiller joyeusement dans mes medications, avec lesquelles j’avais placé des trucs de filles, des trucs perso quoi, que t’as pas envie de monter à  un agent de sécurité, à 7h du mat’ qui plus est… Ahum…… Ah yes, sorry, I forgot, it’s too early in the morning, that’s why… petite blagounette pour faire passer tout ça… Mais il avait l’air bien plus gêné que moi le mec en face, et m’a souhaité tout plein de bonnes choses après, en me disant que c’était pas grave, have good hollidays, Miss… Celui-à était sympa.

Le deuxième avion était vraiment tout petit, deux mini-sièges de chaque côté, et pas la place pour les extras, genre ton sac, une fois que t’as casé tes jambes L’avion que, quand tu es obèse, ou grand, ben, tu te payes vraiment deux sièges si tu veux y tenir.

Puis j’ai atterri. Alors là, grand moment.

D’abord, parce que j’étais côté hublot et que j’ai vu NY au loin se dégager de la petite brume. Qu’il faisait grand soleil, que tout ça brillait, que la Tour Eiffel, non, n’importe quoi, la Statue de la Liberté était là, toute verte et pas bien grande… Que les maisons étaient toutes bien alignées et exactement comme doivent être des maisons de banlieue américaine… Et puis ensuite, parce qu’on a perdu de l’altitude, encore, encore mais qu’on était toujours au dessus des maisons, encore, encore, mais toujours pas de piste, encore, ok, bon, on se pose sur le parking du centre commercial ou quoi, encore, mais on va encore super vite là non, et hop voilà la piste et hop, on se pose, vite vite, et on ralenti, un peu mais pas trop, parce qu’il faut vite vite la quitter la piste, parce que derrière y’a le suivant qui atterri et qu’on traverse vite vite une deuxième piste sous le nez d’un autre qui s’envole, et qu’on arrive au terminal, allez hop, dégagez moi d’ici, et puis hop, t’es dehors avec tes bagages t’as pas réalisé que t’es arrivée…!

Fin de l’extrait de mon email. Oui, je suis bavarde dans mes emails souvent.

Conseil pour ceux qui viennent à NY, prenez un direct. Vraiment. Et partez pas sous la neige. Choisissez un meilleur moment.

Petite leçon d’anglais: nous on dit « faire la queue », les Britanniques disent « to stand in a queue », les américains disent « to stay in ligne ». Quand je raconte mes histoires à mes amis, que je leur dis, So, I was in this queue (ce qui est du pur franglish, puisque j’aurais du dire, I was standing in this queue), ils font la grimace et me conseillent de dire I was staying in the ligne… Evidemment! pourquoi faire simple?

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SoHo

Dimanche après-midi, Gina m’a emmené visiter SoHo, quartier commerçant par excellence – en même temps, je me demande s’il y a un seul quartier non commerçant à New York?

SoHo, c’est génial, évidemment. C’est rempli de petites boutiques ou de plus grandes, luxueuses pour la plupart, coquettes ou très design, comme celle de Prada, connue pour son architecture intérieure que je n’ai pas même essayé de prendre en photo, j’étais chez Prada quand même, y’a des limites… Les rues sont étroites, elles ont des noms, contrairement au nord de la ville où les rues (horizontales) et les avenues (verticales) sont numérotées. SoHo (south Houston) est un quartier qui se situe au sud de Houston Street (une longue rue horizontale qui traverse le sud de Manhattan d’une rive à l’autre ) et au nord de Houston Street se trouve NoHo (North Houston).

Plein de boutiques de fringue donc mais aussi des cafés, des restaurants (j’ai mangé vénézuélien, pour la première fois de ma vie (et c’est un régal) (on trouve de tout à New York, j’adore!) (vous avez un problème avec les parenthèses?) et pour la première fois de ma vie je dînais à 18h, (heure tout à fait normale pour les anglophones en général, qui remangent ensuite un snack avant de dormir (ce que j’ai dû faire, 18h/23h c’est long!) (et on s’étonne qu’ils soient obèses)), une boulangerie française (oui, avec des croissants!). Je n’ai pas été tester la baguette hors de prix pour savoir si oui ou non elle était aussi bonne qu’une vraie de vraie de chez nous… Forcément non, c’est des américains qui la font…. Condescendance  française, attention!

Je suis aussi passée devant un restaurant français style bistro parisien, tellement une exacte réplique qu’on aurait dit un décor de cinéma (oui, je sais, encore!). La déco était tellement française, tellement typiquement parisienne, que c’en était presque trop. Trop joli… C’est un restaurant pour lequel il faut réserver sa table deux semaines en amont. Minimum. Dans l’entrée, il y a même un téléphone mural à l’ancienne duquel on peut appeler pour réserver. So fun, isn’it?

Il y a plein de références françaises dans SoHo, et de manière générale dans tout Manhattan. Ils s’y réfèrent comme gage de qualité, se voulant en accord avec cet art de vivre à la française que tous les américains que j’ai rencontré nous envient. Paradoxalement, d’ailleurs. Mais ils sont toujours paradoxaux ces américains, je trouve! Ils nous trouvent feignants, mais adooorent que l’on passe des heures à manger. Ils sont tous très choqués par ça lorsqu’ils viennent en France (c’est un sujet qui revient sans cesse sur le tapis), comme nous, nous pouvons l’être en les voyant manger sur le pouce, n’importe quoi à n’importe quelle heure. Mais ils ont le droit de nous trouver feignants, on l’est à côté d’eux, il n’y a pas de doute: ils n’ont pour la plupart (ça dépend des entreprises, mais quand même) que  DEUX semaines de vacances par an!!! Deux!!! Voire quatre quand, vraiment, ils ont de la chance! Ils compensent par des horaires plus flexibles, ou la très commune opportunité de travailler de chez soi (ils n’ont pas forcément de bureau attitré dans leur compagnie par exemple, certains endroits de l’agence sont réservés avec des bureaux « en libre service » pour les employés de passage au boulot…). Et il n’est pas rare qu’ils travaillent 40 ou 60 heures par semaine, pour pouvoir se faire un maximum d’argent. Dans ce cas là, oui, en France, on est feignant dans certaines boites… Les 35h est un grand sujet de questionnement outre-Atlantique. Perplexité profonde: mais vous, on vous empêche de travailler !?!

Après avoir gagné tout ces sous donc, ils se précipitent dehors, faire les magasins qui ne ferment jamais, puisque de toute façon c’est pas dans leur deux pauvres semaines de vacances qu’ils vont réussir à se ruiner. Shopper et manger, les deux principales occupations newyorkaises (américaines en général? ).

Un très ancien immeuble. Tout se mélange, ancien et moderne, mais SoHo et le Village, le quartier d’à coté, ont quand même un petit air désuet qui a beaucoup de charme. Quartier d’artistes pendant longtemps, SoHo a été investi par les stars, qu’il n’est pas rare de croiser dans les rues et qui ont fait hystériquement monter les prix.

La photo n’a pas beaucoup d’intérêt, mais c’est une vue typique des petites rues de Soho. Inondées de soleil ce dimanche, mais glaciales!!

Un très poétique exemple de franglish…

Lire « I crêpe New York ». Une crêperie (française, ou approchante) à $8 la crêpe… Quand j’ai dit à Gina que je lui ferai des crêpes, elle m’a sauté dans les bras. Son porte-monnaie aussi.

Une maison en mal de nature…

Street art.