Archives mensuelles : mai 2011

Home sweet home, I.

Attention, article débordant de contentement. Supra positif. A réserver à un moment d’intense satisfaction pour un effet de connivence. (J’aurais bien aimé utiliser comminatoire, mais apparemment ça n’a pas du tout la définition que je lui donnais…)

J’aime mon quartier. Il est beau. C’est le plus beau des quartiers de Brooklyn. C’est Park Slope. Slope, pour pente. Et Park pour Prospect Park. J’habite sur la pente qui descend de Prospect Park vers l’Hudson. J’habite à un bloc du parc. (J’ai tout choisi comme à Paris… Je dois pas être si aventurière que ça…)

J’aime mon parc. (Oui, l’utilisation du possessif se justifie. Parfaitement.) J’aime mon parc, il est beau. C’est le plus beau des parcs de Brooklyn, et je ne voudrais pas paraître chauvine mais il se pourrait bien que je pousse le bouchon jusqu’à dire qu’il est plus beau que Central Park… C’est qu’il a des collines et des sentiers et des forêts dans lesquels on arrive à se perdre! Dingue, hein?

J’aime ma ligne de métro. J’habite à un bloc de la station la plus proche. Qui s’appelle, opportunément et comme de par hasard, 7th Avenue, puisqu’elle est sur 7th Avenue. A la station suivante, et pour un petit bout, elle est aérienne. Et du coup, à chaque fois que je pars pour Manhattan, ou que je rentre chez moi, la Statue de la Liberté me dit bonjour. (Et réciproquement, je suis polie.)(C’est peut-être un peu abusif de dire que j’aime ma ligne de métro, puisque, vous l’aurez compris, aimer et métro ne peuvent cohabiter dans la même phrase à NY. Mais la salutation quotidienne à Sali est une grande qualité de ma ligne.) (Oui, Sali. On est copines maintenant. Bientôt j’irai lui rendre visite chez elle. Bientôt.)

J’habite au numéro 723. Ma station, c’est la 7th (seventh, à prononcer avec le bout de la langue coincé entre les dents de devant et en crachant un petit peu, c’est plus rigolo). J’aime être entourée de tous ces 7, je suis sûre que ça me porte bonheur.

J’aime ma chambre. J’ai une grande chambre, et je fais les poubelles pour la meubler. (Et j’adore ça. On en reparle.)

J’aime mes colloques. Mes colloques sont beaux. C’est les plus beaux de Brooklyn. Hin, non, je déconne. Mais mes colloques sont cools et sympas (et pas moches non plus). Je vous les présente bientôt.

Et puis bientôt je vous mets des photos aussi. (La seule que vous avez, aujourd’hui, c’est ma maison. Elle est jolie, hein?) Oui, là, je sais pas, on a eu un grand vide dans notre relation mon appareil photo et moi. A chaque fois qu’il faisait beau, pouf, je l’oubliais. A chaque fois que j’ai pris des photos, pouf, elles étaient floues. A chaque fois que je veux prendre ma chambre en photo, pouf, elle est en bordel… Incompréhensible infortune.

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Mais que se passe-t’il au pays des Ice Creams, je vous entends vous demander? Ah, mais votre question tombe à pic, c’était Ice Cream Day justement. Oui, free glace dans tous les Haagen Dazs, de 16h à 23h… Devinez où j’ai couru après mon cours? (Oui, parce qu’en plus, c’est ma prof qui nous a mis au courant…)

J’aime bien l’Amérique!


Bin Laden Of course.

The Sphere, Battery Park.

Bon. Ben Laden (Bin pour les américains) est mort. Serait mort, pourrais-je dire. Parce qu’ici, ben… peu de gens y croient vraiment. Il faut dire, que, plus les jours passent, plus les infos se contredisent…

Remontons le temps:

Hier matin, l’Amérique se réveille et apprend qu’Obama est mort. Mince, Obama, c’est pas cool. Obama Bin Laden Dead. Fox News fait la boulette. (Reprise par la BBC. Et puis par La Croix. On est pas en reste.)

Hier matin+1, boulette corrigée, l’Amérique se réveille et apprend qu’Osama Bin Laden est mort. L’Amérique se partage. Enfin, peut-être pas l’Amérique. Pour ce que j’en sais, New York se partage. En trois. Ceux qui s’en fichent. Peu nombreux quand même, mais y’en a. Ceux qui, très emphatiques dans leur douleur comme peuvent l’être des Américains (avec tous leurs sentiments d’ailleurs) sont soulagés, contents, revanchards, émus… Et ceux qui n’y croient pas.

Ceux qui sont soulagés, y’en a. Depuis hier matin donc, on ne parle que de ça. Et les blessures se rouvrent. Le traumatisme n’est pas loin, même pour ces descendants de pionniers qui n’ont comme mot d’ordre que d’avancer. Le Wall Trade Center est encore en construction, et, à vrai dire, depuis peu. La ville est toujours en train de panser cette plaie, comme le sont les gens qui ont vécu l’évènement. La mort d’Osama rouvre les blessures, mais peut-être mettra-t’elle un point final à l’histoire. Beaucoup de New Yorkais regrettent les guerres de Bush, et aimeraient vraiment passer à autre chose. Peut-être y voient-ils l’occasion, encore une fois, de move on, d’aller de l’avant.

Et puis, il y a donc ceux qui n’y croient pas. Et ils sont nombreux. Et ce, depuis le 11 septembre. Les Américains sont à la fois prompts à croire les pires bêtises (comme, mangez du pop corn, c’est bon pour votre coeur. Ou, la fin du monde a changé de date, c’est mardi prochain, préparez-vous. Ou, vous savez quoi, on se demande si Darwin avait vraiment raison, peut-être pas, le Pape et nous, on a comme un doute…) et à mettre en doute les actions de leur gouvernement. J’ai souvent entendu des gens prêts à croire à la thèse du complot au sujet du 11 septembre. Alors qu’ils peuvent être à la fois extrêmement défensifs envers leur pays… La boulette de Marion Cotillard avait fait tout un foin mais elle a aussi eu pas mal de résonance, si bien qu’ils sont alors prêts à croire que les français partagent tous la thèse du complot avec eux.

Il faut aussi vous dire qu’ici, il y a des chaînes de télévision entièrement consacrées aux phénomènes paranormaux. C’est un sujet qui les passionne et qui rapporte assez d’audience pour avoir trois chaînes de télé et des soirées prime time sur les plus grandes chaînes généralistes.

Alors, l’idée qu’Osama Ben Laden soit tué, mais qu’on ait ni corps, ni photo, ni film, a de quoi les rendre suspicious, nos Américains.

Et puis, aujourd’hui dans les journaux on a la photo d’Hilary, Obama et leur clique à la Maison Blanche en train de regarder l’écran sur lequel passe le film de l’assaut sur le QG d’Osama. De quoi calmer les soupçons.

Et puis, ce soir le grand débat porte sur: a-t’on bien fait de le tuer alors qu’il n’était pas armé. Et puis, on apprend qu’il était armé. Et puis, on apprend qu’il n’était pas armé et s’est servi d’une femme comme protection. Et puis, on apprend que c’est sa femme. Et puis, on apprend qu’elle était armée mais pas lui. Et puis, on apprend qu’elle n’était pas armée. Bref, vous l’aurez compris, on fait de l’audience, mais on a pas d’infos.

La Maison Blanche débat pour savoir si elle diffuse le film ou pas. Les New Yorkais débattent pour savoir s’il faut y croire ou pas. Les New Yorkais auraient bien aimé avoir le corps sous les yeux pour y croire. Les New Yorkais qui attendaient ça depuis dix ans veulent ben y croire très très fort…

Ah oui, PS: tout le monde par contre est d’accord pour se dire qu’il y aura des représailles. Dans mon cours, il y a un Coréen qui stresse. Il est vrai que nos cours se passent dans un building qui touche l’Empire State Building. Le plus haut building de NYC maintenant que les tours sont tombées, nous rappelle sans cesse notre Coréen… Ambiance.